Société

Vendredi 31 décembre 2010 5 31 /12 /Déc /2010 16:23

http://www.levada.ru/press/2010122902.html

QUI SELON VOUS POURRAIT-ON QUALIFIER D’HOMME DE L’ANNEE 2010 ?

2006

2007

2008

2009

2010

V. Poutine

35

V. Poutine

56

V. Poutine

40

V. Poutine

37

V. Poutine 

34

D. Medvedev 

8

D. Medvedev 

6

D. Medvedev 

27

D. Medvedev

29

D. Medvedev

24

S. Ivanov

7

B. Jirinovski

6

Alexis II

8

B. Obama

7

S. Shoigu

4

B. Jirinovski

5

S. Ivanov

5

B. Jirinovski

3

S. Shoigu

4

V. Jirinovski

4

S. Shoigu (ministre des situations d’urgence)

4

S. Shoigu

3

D. Bilan

3

Г. Зюганов

3

S. Sobianine

3

A. Loukachenko

2

B/ Zoubkov

A. Soljenitsine

3

A. Jirinovski

3

Patriarche Cyrille

2

 

 

http://www.levada.ru/press/2010122703.html

A QUOI EST LIEE SELON VOUS L’AUGMENTATION DE LA TENSION DANS LA SOCIETE ?

dec.06

dec.10

à l’évolution des relations internationales

14

9

aux problèmes économiques

60

63

à l’aggravation des problèmes d’origine nationale/ethnique

32

38

à l’approche des élections législatives et présidentielles

8

4

à la hausse de l’antipathie entre les personnes

35

21

autre

11

8

NSP

2

1

 

 

http://www.levada.ru/press/2010122901.html

AVEC LAQUELLE DE SES AFFIRMATIONS, CONCERNANT LES RECENTS EVENEMENTS DE MOSCOU (manifestations du 11 et 16 décembre) SERIEZ-VOUS D’ACCORD ? (sondage réalisé auprès de la population de Moscou)

dec.10

Il s’agissait d’actions de protestation de la population russe contre l’augmentation de la criminalité ethnique et la corruption au sein des forces de l’ordre

38

Il s’agissait de manifestations ultranationalistes, fascistes

33

Il s’agissait de débordements de hooligans

15

NSP

15

 

 

 

SOUTENEZ VOUS OU NON CE TYPE D’ACTIONS ? (sondage réalisé auprès de la population de Moscou)

 

dec.10

je les soutiens tout à fait

5

je les soutiens plutôt

20

je les désapprouve plutôt

35

je les désapprouve tout à fait   

27

NSP

13

Par Podrujka - Publié dans : Société
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Lundi 27 décembre 2010 1 27 /12 /Déc /2010 23:25

manifantifa.jpg

photo Novaya Gazeta

 

En réaction aux manifestations nationalistes qui ont opposé Russes et Caucasiens au cours de ces dernières semaines, 2000 personnes se sont réunies à Moscou autour du slogan "Russie sans fachisme - Moscou pour tous". Le photo-reportage de Novaya Gazeta nous montre que les jeunes ont été sous-représenés lors de cette manifestation, qui s'est déroulée dans le calme.

 

Comment expliquer une mobilisation si faible ? Par l'absence d'une culture de la manifestation en Russie ? Ou par un certain fatalisme quant à l'avenir des relations inter-ethniques ?... A en juger par les commentaires des internautes russes sur différents sites de presse, il semblerait que la majorité d'entre eux, sans forcément approuver la violence qui a accompagné les manifestations anti-caucasiennes, ne se reconnaissent pas dans le discours tolérant auquel ils opposent l'indignation d'une "majorité silencieuse" ignorée et offensée. 

Par Podrujka - Publié dans : Société
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Mercredi 22 décembre 2010 3 22 /12 /Déc /2010 00:15

Rappel : à la suite de l’assassinat par des Caucasiens d’un supporter de football russe, plusieurs manifestations dirigées contre les Caucasiens ont eu lieu, notamment à Moscou, les 11, 15 et 18-19 décembre. Elles ont rassemblé des milliers de personnes (1600 manifestants ont été ARRETES par la police à Moscou le 15).

 

Je vous propose  le point de vue d'Alekseï Malachenko, chercheur au Centre Carnegie sur la question :

 

"Les manifestations violentes du mois de décembre à Moscou, motivées, pour certains, par le meurtre du supporter du « Spartak » Egor Sviridov par des assailllants Caucasiens, peut tout à fait être qualifié de crise politique – ou de conséquence d’une crise politique. En les analysant, il convient d’être aussi prudent que possible, afin de ne pas passer pour un provocateur ou un « je m’en foutiste » (du type « voyons, il n’est s’est rien passé ») . Il ne faut ni rien exagérer, ni rien ignorer.

 

D’abord, il faut clairement comprendre ce qu’il s’est passé. Deux visions de ces évènements coexistent. D’après la première, il s’agissait seulement de délinquance (« hooliganisme ») de masse, avec un coloris ethnique. D’après la seconde, nous avons été témoins d’une confrontation interethnique, atténuée par l’aspect d’une « démonstration de force » des supporters.

 

La première version est plus confortable pour les autorités : il est plus facile de s’occuper des « hooligans ». La deuxième, au contraire, exige une approche plus sérieuse, autrement dit, la reconnaissance d’une augmentation qualitative de la confrontation interethnique avec toutes les conséquences qui en découlent. Du choix de l’analyse, dépend par exemple le chef d’inculpation contre les participants à la « révolte » qui ont été détenus à Moscou et dans d’autres villes : s’agit-il de « hooliganisme » ou d’ « incitation à la haine interethnique » - ce qui est très différent ?

 

Je ne pense pas me tromper en affirmant que la société adhère plutôt à la deuxième version.

 

Cette vision des choses, si elle prévaut au sein du pouvoir lors de l’analyse de  la tragédie du mois de décembre (car c’est véritablement une tragédie), exigera des autorités de sérieuses réflexions et actions pour empêcher la hausse des tensions interethniques et interconfessionnelles. En outre, n’importe-quels conflits avec une composante ethnique sont complexes du fait qu’il est impossible de désigner le coupable et celui qui a raison. Le pouvoir, justement, a traditionnellement tendance à chercher une solution simple, en « noir et blanc ».

 

La « crise politique » à laquelle je faisais référence, bien que l’expression puisse sembler un peu exagérée, est en fait appropriée, dans la mesure ou cette manifestation, qui a réuni des milliers de personnes dans les deux capitales et dans d’autres villes russes, constitue précisément, pour un Etat multiethnique et multiconfessionnel, une crise politique. La conduite de cette action pointe l’incompétence du pouvoir, son incapacité à assurer la stabilité dans un Etat de ce type. Un autre exemple qui le prouve est la guerre civile latente dans le Caucase, à laquelle tous se sont habitués depuis longtemps et à laquelle on ne fait guère plus attention.

 

N’est-il pas suffisant que la majorité de la société russe soit favorable à la séparation du Caucase du Nord d’avec la Russie ? Personnellement, je considère que cela serait impossible, mais après les évènements du mois de décembre, le nombre de personnes souhaitant se débarrasser du Caucase et des Caucasiens va encore augmenter.

Je pense que décembre 2010 constitue une charnière, et non seulement dans les relations interethniques, mais dans la situation du pays tout entière. Ce qui s’est produit à la veille de 2011 peut se reproduire n’importe-où et n’importe-quand – il faut simplement un prétexte, et on trouvera toujours un prétexte."

 

Cet article a été publié sur le site Internet du Centre Carnegie (lien ci-dessus).

Par Podrujka - Publié dans : Société
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Dimanche 12 décembre 2010 7 12 /12 /Déc /2010 23:52

D'après Gazeta.ru

 

 


 

 

 

La journée de samedi a été marquée par une manifestation violente de supporters de football à Moscou, après le meurtre d’un supporter du Spartak, club de foot de la capitale : Egor Sviridov avait été assassiné une semaine plus tôt par un natif Kabardino-Balkarie.

 

Organisé par des groupes nationalistes et des hooligans (les groupes de supporters plus modérés ayant renoncé à la manifestation), notamment à l’aide des réseaux sociaux sur Internet, le rassemblement, non autorisé et clairement dirigé contre les communautés caucasiennes, a réuni entre 2000 et 6000 personnes et a été le théâtre de nombreux débordements (slogans xénophobes, saluts hitlériens…), dont plusieurs agressions. Les 65 manifestants arrêtés par la police ont tous été relâchés dans les 24 heures ; les autorités seraient actuellement à la recherches des organisateurs.

 

MAJ 13/12 Gazeta.ru nous apprend que plusieurs enquêtes portant sur des agressions liées à cette manifestation ont été initiées aujourd'hui. L'une d'elle concerne le meurtre, dimanche, d'un ressortissant kirghiz par une bande.Les associations communautaires tentent de dissuader les Caucasiens de répondre par une contre-manifestation.

 

Par Podrujka - Publié dans : Société
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Mardi 30 novembre 2010 2 30 /11 /Nov /2010 22:42

Vremia Novostei publie justement aujourd'hui une interview de Leokadia Drobijeva, chercheuse à l'Institut de sociologie de l'Académie des Sciences, sur la question des relations interethniques. Extrait de ce long article - trop long pour être traduit ni même résumé ici, mais dont je recommande la lecture aux russophones), où sont abordées plusieurs questions aussi délicates que celles des enjeux du resencement ethnique (qui est en cours), des tensions au sein de l'armée entre Russes et Caucasiens, de la perception de la fête de l'Aïd à Moscou....

 

Question du journaliste : "Comment expliquer qu’un groupe relativement petit à l’échelle du pays – la population des républiques du Nord-Caucase est d’environ six millions de personnes, Russes ethniques compris – puisse constituer un facteur d’irritation si important ? Que se passe-t-il entre les Russes et les Caucasiens ?


Leokadia Drobijeva : - Ceci est d'abord lié à l’émigration importante de la population du Caucase du Nord, liée aux évènements militaires et au chômage. A l’époque soviétique, cette émigration était liée aux études et au service militaire. Après l’armée, les migrants connaissaient la langue russe et étaient formés professionnellement. S’ils restaient dans des villes parmi une population ethniquement russe dominante, on ne les remarquait pas vraiment. A présent, c’est d’une autre catégorie de migrants qu’il s’agit. Des gens des villages, qui ne connaissent pas la culture urbaine, ou qui ont beaucoup d’argent et peuvent immédiatement occuper des places prestigieuses, des concurrents, qui suscitent une opposition entre « nous » et « eux ». Les gens sont jaloux de ceux qui réussissent alors qu’ils viennent juste d’arriver. En règle générale, une population mobile qui investit un nouveau territoire est plus souvent prête à conquérir cet espace. On le constate également dans des territoires mono-ethniques. C’était le cas à Moscou, quand est arrivé le premier flux de population suite à l’urbanisation des  Russes. Les gens venaient parce-que les entreprises avaient besoin de main d’œuvre. On leur donnait un logement, et cela mécontentait aussi la population locale. Et aujourd’hui, la population est confrontée à des personnes différentes non seulement ethniquement, mais culturellement. Inhabituelles, donc « remarquables ». A cela s’ajoute la crise identitaire qu’ont connue les Russes à la fin des années 1990. L’URSS s’est effondrée, le pays a perdu son statut de grande puissance, les Russes ont cessé d’être les grands frères, se sont sentis vexés. Quand, à ce contexte de vexation, s’ajoute une nouvelle population, tout le mécontentement – en sociologie, on parle de bouc émissaire – se reporte sur les autres. Sur le pouvoir, lennemi intérieur ou les étrangers »."

 

 

Par Podrujka - Publié dans : Société
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