Lundi 27 décembre 2010 1 27 /12 /Déc /2010 23:12

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Khodorkovski, Lebedev. Photo Itar-Tass

 

La lecture du verdict, en ce 27 décembre, ne fait que commencer ; emprisonnés depuis 2003 pour escroquerie et évasion fiscale, l’ oligarque Mikhaïl Khodorkovski et son associé Platon Lebedev sont accusés d’avoir détourné du pétrole à l’époque où Khodorkovski était à la tête de la compagnie pétrolière Youkos, au début des années 2000.

 

Ce procès, beaucoup, au sein des élites occidentales comme de l’opposition libérales russes, le perçoivent comme politique : avant ses tribulations judiciaires, Khodorkovski était devenue une figure montante de l’opposition à Poutine, engagé contre les travers du régime en général, et son discours à l’égard du pouvoir n’a depuis rien perdu de sa virulence.Pour un certain nombre d’intellectuels et de membres de la société civile russes, interrogés par Gazeta.ru, la condamnation des deux hommes d’affaires est révélatrice de l’emprise de la « verticale du pouvoir » sur les instances judicaires. L’avocat de Khodorkovski, qui dénonce une condamnation « délibérément mensongère » et « criminelle », promet de faire appel dès la fin de la lecture du verdict.

 

Du côté du pouvoir, les analystes ont relevé la différence de ton et de fond entre Poutine et Medvedev : alors qu’il y a quelques jours, le premier-ministre, s’exprimant sur l’affaire Khodorkovski, affirmait que « la place d’un voleur était en prison », Dmitri Medvedev, interrogé par des journalistes pour faire le bilan de l’année, s’est posé en légaliste et a indirectement rappelé Poutine à l’ordre : « Ni le président, ni aucun fonctionnaire n’a le droit d’exprimer sa position sur cette affaire ou quelque affaire que ce soit jusqu’à l’énoncé du verdict ». Doit-on en conclure, comme l’opposant Kasparov, que la rupture du tandem est définitivement consommée ? Si tel est le cas, interroge un journaliste d’Evrazia.org, « qui ressortira vainqueur du choc des titans » ?... avant d’y répondre, l’air de rien : « Le champ politique de Medevedev, c’est Kasparov avec son petit groupe de libéraux âgés ; le champ politique de Poutine, ce sont les « siloviki » et le peuple qui a manifesté [lors des récents rassemblements nationalistes] place du Manège, désespéré par le régime de Medvedev ».

Par Podrujka - Publié dans : Pouvoir
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Mercredi 22 décembre 2010 3 22 /12 /Déc /2010 00:15

Rappel : à la suite de l’assassinat par des Caucasiens d’un supporter de football russe, plusieurs manifestations dirigées contre les Caucasiens ont eu lieu, notamment à Moscou, les 11, 15 et 18-19 décembre. Elles ont rassemblé des milliers de personnes (1600 manifestants ont été ARRETES par la police à Moscou le 15).

 

Je vous propose  le point de vue d'Alekseï Malachenko, chercheur au Centre Carnegie sur la question :

 

"Les manifestations violentes du mois de décembre à Moscou, motivées, pour certains, par le meurtre du supporter du « Spartak » Egor Sviridov par des assailllants Caucasiens, peut tout à fait être qualifié de crise politique – ou de conséquence d’une crise politique. En les analysant, il convient d’être aussi prudent que possible, afin de ne pas passer pour un provocateur ou un « je m’en foutiste » (du type « voyons, il n’est s’est rien passé ») . Il ne faut ni rien exagérer, ni rien ignorer.

 

D’abord, il faut clairement comprendre ce qu’il s’est passé. Deux visions de ces évènements coexistent. D’après la première, il s’agissait seulement de délinquance (« hooliganisme ») de masse, avec un coloris ethnique. D’après la seconde, nous avons été témoins d’une confrontation interethnique, atténuée par l’aspect d’une « démonstration de force » des supporters.

 

La première version est plus confortable pour les autorités : il est plus facile de s’occuper des « hooligans ». La deuxième, au contraire, exige une approche plus sérieuse, autrement dit, la reconnaissance d’une augmentation qualitative de la confrontation interethnique avec toutes les conséquences qui en découlent. Du choix de l’analyse, dépend par exemple le chef d’inculpation contre les participants à la « révolte » qui ont été détenus à Moscou et dans d’autres villes : s’agit-il de « hooliganisme » ou d’ « incitation à la haine interethnique » - ce qui est très différent ?

 

Je ne pense pas me tromper en affirmant que la société adhère plutôt à la deuxième version.

 

Cette vision des choses, si elle prévaut au sein du pouvoir lors de l’analyse de  la tragédie du mois de décembre (car c’est véritablement une tragédie), exigera des autorités de sérieuses réflexions et actions pour empêcher la hausse des tensions interethniques et interconfessionnelles. En outre, n’importe-quels conflits avec une composante ethnique sont complexes du fait qu’il est impossible de désigner le coupable et celui qui a raison. Le pouvoir, justement, a traditionnellement tendance à chercher une solution simple, en « noir et blanc ».

 

La « crise politique » à laquelle je faisais référence, bien que l’expression puisse sembler un peu exagérée, est en fait appropriée, dans la mesure ou cette manifestation, qui a réuni des milliers de personnes dans les deux capitales et dans d’autres villes russes, constitue précisément, pour un Etat multiethnique et multiconfessionnel, une crise politique. La conduite de cette action pointe l’incompétence du pouvoir, son incapacité à assurer la stabilité dans un Etat de ce type. Un autre exemple qui le prouve est la guerre civile latente dans le Caucase, à laquelle tous se sont habitués depuis longtemps et à laquelle on ne fait guère plus attention.

 

N’est-il pas suffisant que la majorité de la société russe soit favorable à la séparation du Caucase du Nord d’avec la Russie ? Personnellement, je considère que cela serait impossible, mais après les évènements du mois de décembre, le nombre de personnes souhaitant se débarrasser du Caucase et des Caucasiens va encore augmenter.

Je pense que décembre 2010 constitue une charnière, et non seulement dans les relations interethniques, mais dans la situation du pays tout entière. Ce qui s’est produit à la veille de 2011 peut se reproduire n’importe-où et n’importe-quand – il faut simplement un prétexte, et on trouvera toujours un prétexte."

 

Cet article a été publié sur le site Internet du Centre Carnegie (lien ci-dessus).

Par Podrujka - Publié dans : Société
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Dimanche 19 décembre 2010 7 19 /12 /Déc /2010 23:39

 

 

Le lundi 16 décembre, dans le cadre d'une émission de télévision, le premier-ministre V. Poutine a répondu pendant quatre heures à plus de 80 questions directement posées par les citoyens par téléphone, sms ou e-mail. En introduction, Poutine a indiqué que le PIB russe avait connu une hausse de 3,8% en 2010 , la production de 8,5% et les revenus par habitant, de 2%, les retraites de près de 45%. L’économie russe, selon le premier-ministre, devrait retrouver son niveau d’avant la crise pendant le premier semestre 2012.

 

Vremia Novostei résume les temps forts de l'interview (article intégral ici) :

 

Tensions interethniques

Les premières questions concernaient les récentes manifestations fortement teintées de xénophobie à Moscou et dans d’autres villes de Russie, ainsi que sur la « criminalité des Caucasiens » et leur comportement. A propos des rassemblements xénophobes, Poutine affirme que le gouvernement doit « lutter durement » contre de telles manifestations » en s’appuyant sur les forces de l’ordre, et tacle au passage « l’intelligentsia » qui a beaucoup critiqué l’action de la police pendant ces évènements. « [Sans la police], les représentants de la société civile libérale seraient obligés de mettre un casque, de se raser la barbiche et de se battre eux-mêmes avec les radicaux [d’extrême-droite] ».

 

Criminalité

« En ce qui concerne la terrible situation de Kouchevskaïa et de Gous-Kristalnaïa [villes récemment marquées par de graves incidents liés à la mainmise du crime organisé local], le problème ne vient pas seulement des organes du Ministère de l’Intérieur, mais du fait que tous les organes se soient avérés inconsistants ». « Je considère cela comme un échec de tout le système judiciaire. Et les instances locales, régionales du pouvoir, où étaient-elles ? Elles ne voyaient rien ? » « C’est encore un signal envoyé pour que la société se réveille, que le pouvoir lui aussi se réveille […] et fassent plus important à ce qu’il se passe dans les régions ».

 

Khodorkovski

« La place d’un voleur est en prison. […] Il s’agit là d’une question d’évasion fiscale et de fraude, pour plusieurs milliards de roubles ». « Nous avons un tribunal. Comme chacun le sais, c’est l’un des plus humanistes du monde. Il fait son travail. Je me base sur ce qui a été prouvé par le tribunal. » 

 

Elections municipales

Selon V.P., dans le cadre des élections municipales (au suffrage direct), « malheureusement, l’influence des milieux criminels continue ». « J’ai ma propre conception, qui n’implique pas, bien sûr, la suppression des élections ; mais il faut faire prêter attention à ces processus. »

 

L’opposition

A la question : que veut l’opposition, Poutine répond : « L’argent et la pouvoir ». Selon le premier-ministre, les représentants de certaines forces d’opposition tels que Boris Nemtsov, Vladimir Milov et Vladimir Ryzhkov [opposants et membres fondateurs du parti « Pour une Russie sans arbitraire ni corruption], s’il parviennent au pouvoir, « ne se contenteront pas de quelques milliards. Ils vendront la Russie toute entière ».

 

Par Podrujka - Publié dans : Pouvoir
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Samedi 18 décembre 2010 6 18 /12 /Déc /2010 00:14

Un peu de détente...... Le premier-ministre russe a poussé la chansonnette lors d'un récent gala contre le cancer.

 


 
Par Podrujka - Publié dans : Pouvoir
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Lundi 13 décembre 2010 1 13 /12 /Déc /2010 22:30

D'après Gazeta.ru

 

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photo Ria Novosti

 

Des rapports de l'ambassadeur des Etats-Unis en Russie Willam Berns diffusés sur le site Wikileaks, il ressort que "Ramzan Kadyrov s'approprie près d'un tiers de l'aide financière parvenant en Tchétchénie". L'ambassadeur note également que la loyauté du pouvoir tchétchène a un prix : selon lui, tant que la Tchétchénie sera dirigée par d'anciens séparatistes, le Kremlin sera contraint d'y maintenir un contigent militaire importante, "suffisant pour que les ex-séparatistes ne perdent par le préfixe "ex"".

 

Concernant Ahmad Kadyrov, père de Ramzan et président de la Tchétchénie jusqu'à sa mort en 2004, l'ambassadeur remet également en cause la version officielle de l'attentat terroriste et relaie l'hypothèse selon laquelle l'attentat où il avait trouvé la mort aurait été une réponse des forces fédérales à ses appétits pétroliers. Une théorie peu plausible selon l'expert interrogé par le journal.

 




Par Podrujka - Publié dans : Caucase
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