avec Polit.ru, Portal-Credo.ru
Depuis 2009, avec l’élection du Patriarche Cyrille, le rôle de l’église orthodoxe s’est renforcé dans la vie sociale et politique du pays, une série d’initiatives législatives remettant en cause la laïcité promulguée par la Constitution russe. L’orthodoxie russe apparait de plus en plus comme le fondement de l’idéologie étatique.
En 2009, le président russe Medvedev a demandé au Ministère de la défense de mettre en place un institut militaire spirituel. Depuis le 1er décembre 2009, la fonction « d’assistant du commandant de troupe pour le travail avec les militaires croyants » a été instituée, sans cadre juridique précis ni discussion publique préalable. Un récent programme expérimental d’enseignement de culture religieuse à l’école a suscité un certain mécontentement parmi les enseignants et même au sein du Ministère de l’éducation. Un projet de loi prévoit actuellement la cession quasi-systématique du patrimoine de caractère religieux aux organisations confessionnelles, au détriment des musées.
Un autre projet a vu le jour en février 2010, visant à soutenir financièrement le travail social des organisations confessionnelles en leur donnant un statut particulier qui en ferait des auxiliaires de l’Etat dans l’assistance sociale, alors que l’activité sociale de l’Eglise est à ce jour peu développée ; surtout, aucun mécanisme de contrôle n'est prévu pour vérifier que les fonds iront réellement aux oeuvres sociales.
Enfin, un projet du Ministère de la justice propose d’amender la loi sur la liberté de conscience et les organisations religieuses qui restreindrait le droit des « religions non traditionnelles » au prosélytisme (pour contrer le catholicisme et le protestantisme, selon certains commentateurs).
De façon plus informelle, mais non moins intéressante, lors d’une réunion des clubs politiques du parti du pouvoir Russie Unie sur le thème des « fondements moraux de la modernisation », un document de travail distribué par le « Centre de la politique sociale conservatrice de Russie Unie » et rédigé par le Patriarche Cyrille, mentionnait l’ « orthodoxie comme fondement moral de la modernisation ».
L’achat à grand frais de terrain sur les quais Branly pour y construire une cathédrale orthodoxe (aisni qu'un centre religieux et culturel) et la bataille juridique, gagnée par l’Etat russe qui s’est vu octroyer la propriété intégrale du de l’église orthodoxe de Nice le 20 janvier, sont également révélateurs de la volonté de l’Etat russe de resserrer les liens avec l’Eglise, de recentrer le monde russe autour de l’Eglise et par là-même, de développer la cohésion avec la diaspora, en l’occurrence ici, avec la communauté russe de France.
