Dimanche 9 janvier 2011
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L’activité terroriste et l’activité antiterroriste des services secrets russes a beaucoup augmenté en 2010. Une série d’éliminations de leader des combattants
indépendantistes a eu lieu au Caucase du Nord. En Ingouchie, le chef de guerre de l’ « Emirat du Caucase » Magas a été capturé. Cette même année
cependant, des femmes kamikazes se sont fait exploser dans le métro et les combattants ont attaqué le village natal de Kadyrov.
Le gros scandale de l’expulsion des espions russes des Etats-Unis a remis en cause l’adéquation des méthodes de la direction du SVR [renseignement extérieur] avec les conditions actuelles.
Des éliminations
Impossible de ne pas remarquer l’augmentation de l’activité du FSB au Nord-Caucase, où l’institution cherchait auparavant à éviter d’endosser le rôle de responsable de la lutte
antiterroriste, qu’elle déléguait au MVD. Certes, cette « activité » se résume essentiellement à des éliminations physiques.
Au mois de mars, deux jeunes et charismatiques leaders de la rébellion ont été tués – en Kabardino-Balkarie, Anzor Astemirov, qui avait dirigé l’opération contre Naltchik en
2007, et en Ingouchie, l’idéologue de l’ « Emirat du Caucase » Saïd Bouriatski, jugé responsable de l’organisation d’un attentat contre le président ingouche
Evkourov.[…]
La prise en juin de Magas (Ali Taziev), l’un des organisateurs des attaques terroristes contre Nazran et de la prise d’otage de l’école de Beslan, a constitué un succès évident
du FSB, comparable a la prise de Salman Radouev dix ans plus tôt. […]
En août, au Daghestan, les membres du FSB ont éliminé Magomed Bagabov, leader du groupe terroriste de Goubden, jugé responsable de l’organisation des attentats du métro de
Moscou.
Il n’est pas exclu que l’intensification de l’activité du FSB au Caucase du Nord soit lié au fait que les boïeviki s’en prennent de plus en plus non seulement aux policiers, mais aux officiers
des services spéciaux. […]
Et des attentats
Malgré les éliminations réussies de chefs séparatistes, le nombre d’attentats dans le Caucase du Nord a augmenté de plusieurs fois – une preuve que miser sur une résolution du problème par la
force constitue une erreur.
D’après le procureur-adjoint Ivan Sydoruk, entre janvier et septembre l’année 2010, il y a eu plus de quatre fois plus d’attentats que l’année précédente. D’après les
statistiques officielles du MVD pour le Nord-Caucase, au cours des 11 premiers mois de cette année, 609 attentats terroristes ont été commis, 242 membres des forces de l’ordre ont été tués et 620
blessés et 127 civils ont trouvé la mort. […]
Les évènements de cette année ont anéanti le mythe de l’efficacité de la politique de Ramzan Kadyrov contre les boïeviki. Outre plusieurs attentats commis dans la république, les séparatistes ont
réussi à organiser en 2010 deux attaques sérieuses et à forte portée symbolique. Il s’agit de l’attaque contre Tsentoroï, le village natal de Kadyrov, à la fin du mois d’août, et
contre le parlement tchétchène un mois et-demie plus tard. […]
L’attentat dont on a le plus parlé cette année a été provoqué par l’explosion de deux femmes kamikazes daghestanaises dans le métro de Moscou, dont l’une était la veuve d’un chef
de guerre daghestanais abattu par les services secrets, Oumalat Magomedov. […]
Luttes pour le contrôle et les
pouvoirs
En 2010, on a pu constater à quel point les mêmes évènements liés aux services spéciaux pouvaient être interprêtés à l’intérieur et à l’extérieur des frontières du pays. […]
Il s’agit plus particulièrement du scandale autour des espions russes aux Etats-Unis. Alors qu’à l’Ouest, le démantèlement de leur réseau a été perçu comme une victoire sur les services
secrets russes, à l’intérieur du pays cet échec a été presque présenté comme un triomphe du SVR. En soi, la présence d’espions soutient le mythe selon lequel la Russie serait encore une
superpuissance, qui lutte à égalité avec les Etats-Unis. L’échec des espions a été expliqué par la trahison des « fuyards » Poteïev et Tcherbakov, ressuscitant ainsi la tradition
soviétique qui consiste à rejeter la responsabilité de ses erreurs sur les ennemis. […]
Le fait est qu’au cours de ces dernières années, le FSB a placé sous son
contrôle les services de sécurité de la plupart des services secrets et des forces de l’ordre, sauf celui du SVR. La fuite des traitres [issus du SVR] est une chance pour
le FSB d’étendre son contrôle au renseignement extérieur.